Kalliope muse ailleurs

caprices, cabotinage, calembredaines et quelques cafouillages : les cahiers de Kalliope.

11 novembre 2009

Deux ou trois choses que je regrette de ma vie parisienne

 

- mes amis, mes amours (mais pas mes emm***).

- les macarons Dallhermurélot, parce que ceux de Matyasi ne sont pas au niveau (mais pas les thés Mariages, parce qu'il y a un revendeur à T***)

- les chocolats de la Maison du Chocolat (mais je me soigne aux florentins)

- la vie sans voiture (et en particulier des transports en commun pratiques le soir)

- mon coiffeur

- Monop' (parce que je n'arrive pas à trouver à T*** le 1848 noir aux noisettes, éclats de caramel et de crêpes dentelle)

- le bikram yoga (parce qu'avec tout ce que je viens de citer, j'en ai bien besoin...)

- l'animation perpétuelle & la foule dans les rues

- le cinéma à deux pas

- la piscine à deux pas (mais l'été, j'aurai la mer...)

- mon petit appartement (même si j'adore le grand de T***) et mon quartier

- le nom de ma station de métro

- la rue Daguerre (et ses coquilles Saint-Jacques, en particulier)

- la Sultane de Saba (mais il y a des potentialités encore inexplorées ici)

- certaines boutiques de frivolités (des vêtements rue Daguerre, des parfums chez Diptyque)

- la traversée  sur les ponts de la Seine sous le soleil

- les brunchs

- les salons de thé cosy

- la rue Montorgueil

- les pique-nique sur les quais de Seine ou dans le jardin du Luxembourg

- la librairie La lettre écarlate et son libraire (et parfois, même, je regrette Gibert quand j'ai besoin de me procurer rapidement un livre).

- les balades sur l'île Saint-Louis

- les musées & les expos (parce qu'il faut bien faire mine d'être intéressée par la culture)

- la rue des Francs-Bourgeois

- la proximité des aéroports

- le sixième arrondissement (mais moins que le sud du quatorzième)

et sans doute mille autres choses que j'oublie maintenant ou dont je n'ai pas encore réalisé l'absence.

 

En revanche, je ne regrette pas

- la grisaille

- le RER & les temps de transport

- le prix des fruits & des légumes

- la foule à la piscine

- le prix des consommations

- les jours de grève des transports en commun

- l'humidité

- la misère côtoyant le luxe

- la Sorbonne

- la traversée les jours de vent et de pluie de l'esplanade de la BNF

- la mine renfrognée des gens le matin, en particulier dans le RER, et les odeurs de corps mal lavés

- les files d'attente

 

En attendant le message jumeau, ce que j'aime à T***, bonne journée fériée  !

 

 

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11 juin 2008

La montagne, ça vous gagne...

... des amis

parmi les gens frileux, qui frissonnent sous 3 couettes

parmi les parents d'enfants en bas âge, qui en repartent avec des laryngites

parmi les gens à l'estomac délicat, qui doivent prendre leur mal en patience dans les montées en lacet

parmi les gens au régime ,qui doivent avaler des kilos de fromage fondu (ou de beaufort), des grillades faites à la poële quand il est impossible de sortir les faire sur le feu de bois, dont la moindre flammèche est noyée par le brouillard et le crachin

parmi les gens aux oreilles fragiles, assourdis par les hurlements des fauves enfermés et surexcités qui dépensent leur énergie à jouer à des jeux plus bruyants mais surtout plus drôles les uns que les autres

parmi les gens élégants, qui se retrouvent maculés de boue en empruntant des chemins bourbeux ou en désembourbant le 4x4 descendu trop bas. Ceux qui y ont échappé sentiront de toute façon que leurs  vêtements ont été parfumés par le bois

parmi les gens pressés, qui doivent endurer des heures de périple pour gagner les sommets

parmi les gens privés du sens de l'orientation, qui errent en essayant de se remémorer les indications imprécises d'une hôtesse hésitante

parmi les oenologues, dont le palais a constaté la totale incompétence de leur hôtesse en matière de bons vins

parmi les gens discrets, qui voudraient tenter de se déplacer silencieusement sur un parquet en bois, sans attirer l'attention générale sur leurs moindres faits et gestes

Malgré tous ces inconvénients, un w-e délicieux pour l'hôtesse qui ne saurait résister au plaisir de vous faire découvrir la vue dont on jouit par beau temps ! La riante vallée du Beaufortain, telle que vous aurez peut-être l'envie DSCN1831 de la re-découvrir un jour...

Posté par Kalliope à 22:43 - musarder ailleurs - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 avril 2008

Du tourisme, version suédée.

DSCN3011

Un mois tout juste après son voyage dans les mers du Sud, Kalliope a survolé la Baltique pour gagner les contrées du Septentrion. Une fringale touristique à la mesure de la diète qui l'avait précédée... Elle permet de remplumer la rubrique qui, jusque là, était restée la parente pauvre du blog, "musarder ailleurs". Ce fut aussi l'occasion ou jamais de découvrir un espace demeuré très flou dans l'esprit de Kalliope...

"ah bon, Stockholm, c'est pas au sud de la Suède ? et c'est au bord de la mer ? "

Et le plus bel exemple d'ignorance :

-- Y'a quelque chose à voir dans l'archipel de Stockholm ?, demande Kalliope, feuilletant vaguement un guide de voyage.

-- entre 20 ooo et 30 000 îles.

-- ah, oui, quand même...

Il faut le reconnaître, sortie des krisprolls, des saunas, d'Henning Mankell et des grands froids, je ne savais pas grand chose de la Suède, pays rêvé pour bien des Français ...

Certains suédophiles, donc, vous vanteront les mérites d'une protection sociale particulièrement généreuse, notamment envers les Suédoises qui ont réussi à briser le plafond de verre (facile, avec leur haute taille) et sont enfin considérées comme les égales des hommes même quand elles enchaînent les naissances. Il paraît qu'on a même le droit, pour alléger les frais de garde, d'amener ses enfants au bureau !

D'autres évoqueront, les yeux brillants de désir, le charme de ces mêmes Suédoises, blondes, grandes... et bien charpentées (flèche du Parthe, talent typiquement français, voire parisien...).

D'autres encore décriront avec nostalgie les cabanes de l'archipel, une vie proche de la nature dans un pays où les mots "écologie" et "bio" sont sur toutes les lèvres, à tous les coins de rues et de jardins, ou dans tous les rayons de supermarché.

A tout cela, Kalliope, quoique nullipare, hétérosexuelle et ultra-citadine jusqu'à ce jour, fut sensible, par altruisme ou par idéal.

Mais ce qui la marqua plus particulièrement, ce qui toucha son coeur, et la fit soupirer après la douceur de vivre à la suédoise, "c'est peut-être un détail pour vous, mais pour elle ça veut dire beaucoup":

-- le soleil, qui semblait avoir déserté Paris, lui a rendu les ciels bleus, secs et froids de son enfance.

-- les couvertures, dans lesquelles se pelotonner sur les terrasses, lui ont donné l'envie d'en profiter les soirs d'été.

-- la solitude, dans les musées, lui a permis de contempler en paix les Cranach.

-- le thé, à des prix défiant toute concurrence, servi, sauf exceptions rarissimes, dans de grands verres et EN FEUILLES, dans des boules à thé, lui a donné l'occasion de savourer son voyage. Fait notable, pas la moindre trace de ma bête jaune, le Lipton Yellow. Mention spéciale au Söderblandning, mélange du Sud de Stockholm.

-- Les brioches, à la cardamome et à la cannelle, fondantes dans la bouche, lui ont donné le courage d'apprendre un mot suédois : "Kanelbülle" (en revanche, pour la graphie, ce n'est pas encore ça).

Je ne suis pas la seule à avoir cédé à l'appel du Nord : en rentrant, j'ai croisé à l'attente bagages le bien-aimé maire de Paris, sortant visiblement du même avion que moi. Bénéficiant d'un traitement VIP, certes, mais quand même en doudoune et vieux jean, bien loin de l'homme en costume élégant rencontré la semaine précédente rue Daguerre.

Une conclusion people, car je vous en sais plus friands encore que de géographie !

Posté par Kalliope à 20:07 - musarder ailleurs - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mars 2008

Une île paresseuse où la nature donne/ Des arbres singuliers et des fruits savoureux...

... Des hommes dont le corps mince est vigoureux/ Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.

IMG_0001 Lucas Cranach l'Ancien, Nymphe à la source.

Les îles des mers du Sud valent bien un deuxième post.

Après un été studieux et pluvieux, Kalliope méritait bien une pause ensoleillée. A dire vrai, elle s'en languissait depuis des mois quand l'une de ses amies eut la brillante idée de s'installer dans l'archipel des voyages de noces. Le coeur de Kalliope se mit à battre. Non qu'elle se fût mise aussitôt en quête d'un époux pour sacrifier au rituel : les serments éternels la laissent de marbre. Mais, depuis longtemps, contrairement aux avis des esprits chagrins, Kalliope a décidé de ne pas attendre pour goûter aux plaisirs traditionnellement réservés au mariage : elle s'offre ou se fait offrir bijoux, magimix et lointains voyages quand l'opportunité se présente.

Les plages de rêve et les cocotiers me tendaient leurs bras affectueux et je m'empressai de m'y réfugier, pérégrinant par les airs jusqu'aux îles du coco de mer. Un peu moins dévêtue que la nymphe de Cranach, après m'être languie, j'ai passé dix jours alanguie. Et pas seulement : j'ai aussi sillonné en voiture, à pied, à vélo et à palmes les quatre coins de 3 îles et de leurs petites voisines, les forêts et les reliefs de l'intérieur, les petites anses accueillantes, les flots et les rochers, les marchés et les restaus. Je me suis émerveillée de découvrir des dizaines de poissons colorés en plongeant en palmes-masque-tuba (PMT ou snorkling pour les branchés) dans une réserve protégée, aux abords de l'îlot Saint-Pierre. J'ai nourri les grosses tortues terrestres et photographié sternes blanches (gigys) et pailles-en-queue. Pour couronner le tout, j'ai été accueillie comme une princesse par mes hôtes et ai pu retrouver la complicité d'une lycéenne avec Farfacelle.

Il a fallu qu'elle discute avec un postier pour convaincre Kalliope que passer l'année à 30°C peut devenir lassant et la dissuader de demander la nationalité ou l'asile. Elle a cessé de rêver devant les écoliers à l'air sage et désuet dans leurs uniformes et de jeter des regards languissants à la belle villa créole de l'Alliance Française. Surtout, ses problèmes de spatialisation la laissent dubitative sur ses capacités à conduire à gauche.

J'ai donc remisé les robes d'été, emporté quelques poignées de sable blanc aux éclats rouges, des coraux et des photos (album en préparation, surveillez la rubrique). Je suis rentrée dans la grisaille gratter mélancoliquement mes piqûres de moustique et hydrater mes coups de soleil.

IMGLucas Cranach l'Ancien, La Mélancolie, Colmar, musée d'Unterlinden.

Il suffit pourtant d'une photo, d'une bouchée des mangues ou d'un effluve des écorces de cannelier rapportées de là-bas pour sentir de nouveau la chaleur sur mes épaules.

IMG_0001 Lucas Cranach l'Ancien, Adam et Eve, Florence, galerie des Offices.

Certains hommes du passé ont eu bien raison de situer dans ces îles, et notamment dans la Vallée de Mai, l'Eden originel.

C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes, / Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs/ Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes, / Et dont l'unique soin était d'approfondir/ Le secret douloureux qui me faisait languir.

(Je précise que, depuis Baudelaire, aux esclaves nus se sont substitués les ventilateurs, beaucoup moins romanesques et esthétiques...).

Posté par Kalliope à 12:56 - musarder ailleurs - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juin 2007

Retour aux sources

Si j'ai été si longtemps silencieuse, c'est aussi parce que je suis rentrée deux fois au pays natal ces dernières semaines.

DSCN2170

Bien entendu, je ne suis pas allée jusqu'à Bora-Bora. Mon salaire de demi-portion ne le permettant pas, j'ai bifurqué plus tôt à la villa des Muses,

sise tout naturellement à peu de distance d'un point d'eau. DSCN1380

Les Anciens ont chanté les sources Hippocrène et Aganippé et les fleuves Permessos et Olmeios qui descendent de l'Hélicon. Moi, je parlerai d'un lac entouré de montagnes (oui, oui, oui, il y en a autant qu'à Chambéry et au Bourget, quoi qu'en disent certains),

qui s'enorgueillit d'être le plus pur d'Europe, même s'il y reste DSCN2198quelques puces de canard,

(ci-contre, deux sacs à puces qui se la coulent douce).

Comment les éviter ? C'est simple, vous virez les canards et leurs puces du pédalo, vous pédalez avec énergie jusqu'au milieu du lac et là, vous plongez avec délices dans l'eau, certes encore un peu froide en cette saison, mais vivifiante. Naturellement, vous nageotez à faible distance du pédalo sinon vous courez le risque de vous trouver nez-à-nez avec un hors-bord ou carrément avec le Libellule, le plus gros bateau du lac (fortement déconseillé).

DSCN2167

L'essentiel, c'est de se tenir à l'écart

> des plages surpeuplées qui tournent au bouillon de culture l'été

> et des roselières, fort charmantes à regarder au demeurant.

DSCN2191

Mais ce jour-là, l'orage menaçant,

il n'était nullement question pour Kalliope de risquer un orteil et son splendide bronzage dans l'eau glacée. J'ai donc opté pour une longue promenade passée à slalomer entre les gouttes de pluie

DSCN2182

mais couronnée par une trouvaille, ô combien captivante ! qui a inspiré ce post.

Une âme soeur.

Ce n'était pas une sirène, plutôt une nymphe : une naïade ou une oréade. Ce que le panneau ne dit pas

(contrairement à la carte) IMG

c'est que la demoiselle est la fille d'un grand nom de la cuisine française. L'endroit ne pouvait que séduire Kalliope. Il est paradisiaque : face au lac, une terrasse abritée, de grandes tables en bois (ambiance "Pain Quotidien" à Paris mais avec quelques sofas en plus). On peut y bruncher ou savourer là une délicieuse tarte au chocolat en sirotant un thé dans des poteries savoyardes Rybczynski (comme dit ma mère, 140 points au Scrabble directement !) de Saint-Jorioz. Ce sont celles avec les petits oiseaux, que je collectionne aussi (pour en savoir plus sur la poterie savoyarde, filez sur "lire au bord du lac d'Annecy", c'est une toKade familiale).

Vous pouvez même acheter du pain ou des conserves signées Marc Veyrat et ensuite frimer dans les soirées parisiennes en jouant sur l'ambiguïté. "Oui, oui, je suis allée chez Veyrat, naturellement, à Annecy, c'est un peu un passage obligé", d'ailleurs, sa fille est installée dans le premier restaurant du maître, avant qu'il n'ouvre l'Eridan.

Je conclurai cette invitation au voyage par quelques petits conseils.

Après ces agapes, il faut impérativement

> aller nager dans l'eau glacée,

> traverser le lac en pédalo,

> monter au Mont Veyrier en vélo par le col des Contrebandiers (moi je ne suis jamais arrivée jusqu'en haut, je l'avoue) ou faire le tour du lac dans le bon sens, celui où l'on doit affronter la célébrissime "montée de Talloires"

> monter à pied jusqu'au sommet de la Tournette (par le côté le plus difficile)

> faire trois heures d'aviron sur les flots étales

> faire du catamaran : en apparence, c'est reposant. Mais les 3/4 du temps, il n'y a pas un souffle de vent sur le lac ; on est donc contraint, pour avancer, de ramer avec les bras.

> ou, plus simplement, faire à pied la longue promenade Annecy/La Reine des Prés/Annecy...

... sous peine de conserver un souvenir éternel de la tarte au chocolat sur le ventre ou sur les cuisses !

(on peut même se donner l'envie d'un autre petit tour en faisant un arrêt au "Glacier des Alpes").

Bon vent,DSCN1986

                       K*.

PS : Je profite de ce post pour un rappel. Les bords du lac sont menacés par des maires UMP des communes environnantes qui militent pour l'abrogation de la "loi Montagne" qui s'ajoute, dans certaines communes, à la "loi Littoral". Abroger la "loi Montagne" permettrait de bétonner un peu plus les hauteurs qui jouissent d'une vue sur le lac. Il est toujours possible de signer la pétition lancée par le maire d'Annecy (même si ce traître s'est rallié à l'UMP et aux Bernard Accoyer et consorts... et pourtant je ne suis pas franchement bayrouiste !)

http://www.lac-annecy-bosson.fr/petition/php/index.php

Vous risquez de recevoir un message de confirmation bourré de fautes d'orthographe. Il faut croire que certains Hauts-Savoyards ont conservé des gènes de crétins des Alpes et se moquent de donner un caractère un peu officiel et sérieux à une telle démarche ...

Posté par Kalliope à 18:44 - musarder ailleurs - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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