Kalliope muse ailleurs

caprices, cabotinage, calembredaines et quelques cafouillages : les cahiers de Kalliope.

04 novembre 2009

Se faire appeler Mademoiselle

L'un des problèmes de la femme de trente ans actuelle (et non pas de celle de Balzac), et sans doute le moindre, je vous l'accorde, c'est l'angoissante question de la dénomination. Doit-on se faire appeler "Madame" ou "Mademoiselle" ? En faisant quelques recherches sur internet pour rédiger ce post, je suis tombée sur des forums ou des séries de femmes se révoltaient (oui, car on a les révoltes qu'on peut) contre le fait qu'on persistait à les appeler "Mademoiselle" avec un ventre de femme enceinte. Fausse révolte et vraie coquetterie, pour l'essentiel, qui va de pair avec la volonté universelle de jeunisme des sociétés occidentales.

Le problème essentiel, à mon avis, c'est un glissement dans l'emploi du mot "mademoiselle". Petit bilan.

L'usage traditionnel veut qu'on appelle "mademoiselle" une femme non mariée, et "madame" une femme mariée (sauf exceptions historiques, je vous l'accorde encore, puisque on appelait "mademoiselle" les actrices même mariées, ou la soeur du roi, etc.). Par conséquent, quand vous donnez du "mademoiselle" à une femme d'un certain âge, vous la désignez explicitement comme vieille fille. Il y en a qui y tiennent, elles sont surreprésentées au troisième étage de la Sorbonne, dans un UFR que je connais bien. J'y vois un mélange détonnant entre un certain attachement à la tradition et une revendication féministe qui tient à afficher qu'on a choisi la carrière plutôt que le mariage à un moment où les deux étaient difficilement conciliables. C'est difficile à croire, mais le féminisme, du moins sous une certaine forme, a bien atteint le troisième étage de la Sorbonne.

Naturellement, cet usage traditionnel est peu à peu rendu caduc par l'évolution actuelle de la société qui n'impose plus le mariage, ou le repousse. Par conséquent, un usage concurrent du titre s'est développé : désormais, on appelle "mademoiselle" une femme jeune ; c'est même devenu une arme de séduction, quand un homme vous glisse, la bouche charmeuse et l'oeil qui frise, "madame ? ou plutôt mademoiselle" ?

Mon post a l'air frivole et inutile (comme 99, 9% des posts de ce blog, et j'en suis fière) mais la question  "Madame ou Mademoiselle ?" m'est posée régulièrement chez le médecin, chez EDF, à la SNCF, sur les formulaires divers et variés ; il arrive aussi que je rectifie spontanément et machinalement un "Mademoiselle" en "Madame". Généralement, on comprend ma rectification comme un cocorico de femme mariée, alors qu'il n'en est rien. Avec ma copine L*, on a juste décidé que, passé 30 ans, c'était ridicule de se faire appeler "Mademoiselle". Quand je dois m'expliquer, on me répond "mais vous avez pourtant l'air/la voix jeune". En fait, "Mademoiselle" est bien devenu une sorte de compliment.

Je n'ai évidemment pas de solution à proposer, à part de fonder, à côté du CLY, le GAME (Groupement pour l'Abolition du MademoisElle), ce qui serait un beau paradoxe puisque -game est la racine grecque qui signifie "mariage", ou le GRAD (Groupement pour le Rétablissement de l'Appellation Damoiseau, histoire d'approfondir la parité hommes/femmes). Mais je ne me lancerai pas, puisque en ce moment, il y a plein de petits indices qui témoignent de l'attachement à ce titre :

> l'album et la chanson éponyme de Berry Mademoiselle
> le titre "Mademoiselle" de Zaza Fournier
> le titre "Don't call me Madam" écrit par les Coming Soon pour le dernier album d'Olivia Ruiz Miss Météores
et enfin (j'en oublie certainement...)
> le film de Stéphane Brizé, Mademoiselle Chambon.

19175118
Film que j'ai adoré, et qui nous rappelle que "Mademoiselle" désigne avant tout les femmes seules mais aussi les institutrices de province, la vieille "mademoiselle" au chignon et à l'air pincé dont tout le monde se souvient, qui déversait sa raideur et son aigreur sur ses malheureux élèves. Celle-ci, jouée par Sandrine Kiberlain, est gentille, jeune & jolie, mais elle est aussi extrêmement seule. Le film raconte un rapprochement qui se voudrait improbable & un amour qui s'avère impossible. D'aucuns ont critiqué la caricature du couple formé par le maçon et l'ouvrière (Vincent Lindon & Aure Atika) peinant à comprendre ce qu'est un COD (moi je dis qu'il n'y a rien de honteux, mes élèves en hypokhâgne ont toujours du mal à comprendre...), Mais ce que j'ai aimé, moi, outre que Sandrine Kiberlain a les mêmes cheveux incoiffables et incoiffés que moi, ce sont les longs échanges tacites, les gestes et les regards expressifs, un amour que son impossibilité porte à l'incandescence, les déchirements, toujours silencieux, les audaces réfrénées, puis finalement osées, les valses-hésitations et les espoirs fous mais incrédules, chez les personnages et chez le spectateur. Car j'aime quand le spectateur se retrouve dans l'étrange position de souhaiter des personnages immoraux, de souhaiter les voir accomplir ce que lui ne ferait pas. En regardant Mademoiselle Chambon, on - en tout cas je - se prend à rêver que Lindon se comporte en mari indigne et en amant magnifique. Tout se passe comme si le cinéma offrait la catharsis dont chacun a besoin et réalisait les fantasmes romanesques que la plupart  d'entre nous écarte dans la vie réelle, en faisant le choix de la normalité ; en laissant passer le train, exaltant mais angoissant, des possibles.

Toutefois ce film-là n'étanche pas cette soif : le chevalier, qui n'est pas solitaire, ne secourt pas la demoiselle en détresse. Tenant la promesse du titre, le chevalier reste avec sa détresse, et laisse s'en aller la demoiselle, désespérement solitaire.

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13 juillet 2008

savourez les vacances

Je reçois quelques (rares) protestations indignées contre mon silence depuis un mois.

D'abord, cela ne fait pas un mois, mais 28 jours.

Ensuite, il faut préciser que, maintenant que j'ai accepté (formulons cela comme ça) de rejoindre le doux, chaleureux, accueillant, patient giron de notre bien-aimée Education Nationale, j'en ai également adopté le rythme : je freine dès juin et, en juillet-août, ce sont les sacro-saintes vacances. On nous les balance si souvent sur un ton de reproche, qu'on apprend presque inconsciemment à les afficher avec hargne.

Donc, imitant par là les blogs de Charly ou d'Eluise, je m'en vais, comme le chante Cali, non pas à Mayotte, mais là où je suis susceptible de trouver soleil & chaleur. Autrement dit, la thèse finie, les étés à Paris, je les réduis.  Et je pars haler mes gambettes - ou les rafraîchir-

ici par exemple

DSCN3148

Quelques indices : malgré les poubelles bien en vue sur la plage,

1) le nom de cette cité dérive de l'expression "belle ville" en grec,

2) même si elle n'est pas située en Grèce...

3) Et non pas de "poulets gaulois", comme je l'ai cru d'abord.

Facile avec le dernier indice...

Cependant, comme on m'en a fait la requête hier, ou plutôt ce matin, vers 4h, je vous livre un best of de mon expérience macaronique à Paris. Pas de révélations, je suis extrêmement grégaire dans mes choix et je n'ai jamais découvert l'adresse secrète à vous refiler sous le manteau bloguesque. Non, je ne vous parlerai que des archiconnus. Mais si vous-mêmes avez une adresse secrète...

Dans les classiques, chocolat noir ou caramel, au beurre salé ou non (en grand format chez Mulot, un délice, en bi-goût caramel-chocolat chez Hermé, un miracle gustatif) ; en revanche, je reste loin du café, de la vanille ou de la pistache, qui me laissent de glace. Je ne suis pas non plus très fruit, j'abandonne donc les variations sur la pêche ou l'abricot d'Hermé, les associations anis vert-fruits exotiques, passion-basilic ou les fruits rouges en bataillons chez Mulot : cassis, framboise, mûre ou cerise. En revanche, j'adore les fleurs et je fais donc une exception pour les rose groseille ou les fraise coquelicot de Mulot toujours, je craque, chez lui encore, sur la menthe fraîche, je me pâme devant le jasmin ou la rose, mirifique, d'Hermé. En revanche, j'avoue préférer l'Ispahan en gâteau plutôt qu'en macaron. En éditions spéciales, précipitez-vous en mai chez Mulot sur le muguet, aux approches de Noël sur le chocolat coriandre. Il faut tenter, à la même saison, chez Ladurée, celui au pain d'épices et, chez Hermé, le foie gras-chocolat ou le figue-foie gras. Je reste hermétique, en revanche, aux macarons à la truffe blanche ou noire, j'en déteste jusqu'à l'odeur. Pareil, celui à l'huile d'olive ne m'a pas convaincue et m'a même dissuadée de tenter le vinaigre balsamique. Le poivre de Ladurée ne m'a pas plu non plus, et la fleur d'oranger m'a écoeurée, trop de crème. Je n'ai pas essayé le réglisse car je n'aime pas ça au naturel. Un dernière mention à Dalloyau, dont le macaron au potiron vaut le détour, et, surtout, la bergamote, extraordinaire. Le citron n'est pas mal non plus.

DSCN2937Côté design,

Hermé l'emporte haut-la-main

mais pour le rapport qualité-prix, je pense que Mulot triompheIMG...

Le panorama n'est pas complet, parce que les sites de ces grandes maisons ne détaillent pas les parfums. Je compose donc le menu idéal de mémoire, mais je n'hésiterai pas à le compléter au fur et à mesure de mes découvertes ou redécouvertes.

Et puis, la bonne (?) nouvelle, c'est que je serai fidèle au poste dans le 94 dès le 1er septembre et que je pourrai vous abreuver, l'an prochain, des perles de mes élèves, sur le modèle de nombreux autres blogs. Cela semble constituer une manne inépuisable pour certains qui en font même des livres et qui ont tendance à y perdre un peu de leur originalité originelle (cf les toujours ouvrables, toujours en lien, mais un peu ennuyeux à la longue depuis que l'univers de Soph' s'est réduit aux sorties d'Emilie et à ses sorties d'albums BD... j'attends de voir comment (si ?) elle se renouvellera pendant les vacances).

Et je vous ferai quelques coucous de loin en loin, même pendant les vacances !

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29 avril 2008

cent ...

Copie_de_DSCN2989

Amour et Psyché, par J. T. Sergel, Stockholm, Nationalmuseum.

... mais pas sans vous,

leKteurs de mon Koeur...

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21 avril 2008

Enfoncer des portes ouvertes...

guepardweb (image reprise au blog zéro de conduite).

... Ou, peut-être, aurait-il mieux valu intituler ce post "Arriver comme les carabiniers" pour introduire le sujet par un cliché italien, car je voulais parler ici du Guépard. Il m'a fallu atteindre l'âge vénérable de - presque - 30 ans pour rencontrer, au détour du programme de TL au bac, le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. On m'avait souvent parlé du film - jusqu'au jour de ma soutenance où l'ombre de cette oeuvre "si nous voulons que tout continue, il faut d'abord que tout change" vint éclairer la pensée ovidienne. A chaque fois, je hochais doctement la tête, ne consentant qu'à contrecoeur, si la conversation s'approfondissait, à avouer que je n'avais pas lu le livre ni vu le film.

J'ai commencé par lire le roman - en Suède, en vertu de la logique qui me caractérise, et surtout grâce à des amis dévoués. Eblouissement des soleils écrasants de Sicile sur les pages éclairées par les timides rayons du Nord. Et je ne regrette pas d'avoir découvert le roman si tard car cette méditation mélancolique sur le crépuscule d'un monde est si profonde et si énigmatique qu'il me faudra sans doute encore 30 ans pour la comprendre.

Hier soir, j'ai regardé le film. Il y eut quelques déceptions : malgré les promesses de la couverture du DVD, je n'ai pas réussi à voir le film en VO, donc j'ai enduré la voix snob de Delon se doublant très mal lui-même. Mais... son demi-sourire est sans pareil. Mais, quand il jette négligemment l'écrin pour passer la bague au doigt de Claudia Cardinale/Angelica, il est d'une élégance folle. Et personne ne possède l'art de lancer des oeillades enflammées ou de se mordre explicitement la lèvre comme la belle Italienne. thumb_guepard4

Burt Lancaster est impérial, et visiblement meilleur danseur que Delon.

(source, blog in the mood for cannes 2008)

Enfin le tour de force du film, c'est sans doute d'être parvenu à rendre par le biais des dialogues, ou, plus simplement, par le jeu des regards ou des froncements de sourcils expressifs, les complexes monologues intérieurs, essentiels dans le livre. Naturellement, je vous parle d'un temps où l'on ignorait le botox et où l'on déchiffrait l'éloquence des rides...

"La nostalgie n'est plus ce qu'elle était" [Simone Signoret] .

Lisez, voyez et revoyez le Guépard !

"Deux ou trois jours avant l'arrivée de Garibaldi à Palerme, on me présenta quelques officiers de marine anglais, en service sur les navires qui mouillaient en rade, dans l'attente des événements. Ils avaient appris, je ne sais comment, que je possédais une maison sur le rivage, avec un toit en terrasse d'où l'on peut voir le cercle des montagnes autour de la ville. (...) C'étaient des jeunes gens ingénus, malgré leurs favoris rougeâtres. Ils tombèrent en extase devant le panorama, devant l'impétuosité de la lumière. Ils avouèrent pourtant qu'ils avaient été pétrifiés de surprise devant l'aspect désolé, la vétusté, la saleté des rues qui menaient chez moi. Je leur expliquai que ceci dérivait de cela, comme j'ai essayé de le faire tout à l'heure. L'un d'eux me demanda ce que diable venaient faire en Sicile les volontaires italiens. "They are coming to teach us good manners, répondis-je. But they won't succeed, because we are gods." Je crois qu'ils ne comprirent pas, mais ils rirent et s'en allèrent. C'est également la réponse que je voudrais vous faire, cher Chevalley. Les Siciliens ne voudront jamais s'améliorer, pour la simple raison qu'ils se croient parfaits : leur vanité est plus forte que leur misère ; toute intromission de personnes étrangères aux choses siciliennes, soit par leur origine, soit par leur pensée (par l'indépendance de leur esprit), bouleverse notre rêve de perfection accomplie, dérange notre complaisante attente du néant ; piétinés par une dizaine de peuples différents, les Siciliens croient qu'un passé impérial leur donne droit à de somptueuses funérailles. Pensez-vous, Chevalley, être le premier à espérer conduire la Sicile dans le courant de l'histoire universelle ? Qui sait combien d'imams musulmans, combien de chevaliers du roi Roger, combien de scribes des Souabes, combien de barons d'Anjou, combien de légistes du Roi catholique ont conçu la même admirable folie ? Et combien de vices-rois espagnols, combien de fonctionnaires réformateurs de Charles III ? Qui se rappelle encore leur nom ? La Sicile a choisi de dormir, malgré leurs invocations ; pourquoi les aurait-elle donc écoutés, si elle est riche, si elle est sage, si elle est civilisée, si elle est honnête, si elle est admirée et enviée de tous, si, en un mot, elle est parfaite ? (...)

Chevalley pensait : "Cet état de choses ne durera pas ; notre administration nouvelle, active, moderne, changera tout cela."

Le Prince se sentait découragé : "Tout cela ne devrait pas durer ; pourtant cela durera toujours ; le toujours humain, bien entendu, un siècle, deux siècles ; après quoi, ce sera différent, mais pire. Nous fûmes les Guépards, les Lions : ceux qui nous succéderont seront les Chacals, les Hyènes. Et tous tant que nous sommes, Guépards, Chacals, Brebis, nous continuerons à nous considérer comme le sel de la terre."

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12 mars 2008

L'élégance du gros poisson

Certaines font des romans à succès et pourraient donner des leçons, d'autres font des démonstrations de natation. Partie sous le signe zodiacal du poisson dans les mers du Sud, Kalliope révèle qu'elle est un signe de terre : taureau solaire et taureau lunaire, et cheval de terre dans le zodiaque chinois. Oui, mais taureau ou cheval à sabots palmés : plutôt hippocampe ou hippopotame ?

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J'ai bien compris qu'il valait mieux mettre les palmes dans l'eau, mais avec les grosses vagues de l'océan Indien, ce n'est pas toujours facile... De même, je déconseille d'essayer de remonter une échelle de bateau avec les palmes aux pieds. J'ai quand même consenti à les enlever pour dormir, mais tout juste.

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21 février 2008

La phrase du jour...

... est prononcée par Fabrice Luchini, alias Roland Verneuil, dans Paris, de Cédric Klapisch :

"Vous savez, quand on est chercheur en France, on cherche surtout comment joindre les deux bouts".

A mon avis, la phrase "une idée révolutionnaire qui remettrait en cause l'hypothèse d'un impôt direct sous le roi Dagobert" (ou quelque chose d'approchant) a une petite chance de rivaliser, dans la mémoire collective, avec "les chevaliers-paysans en l'an mil au lac de Paladru", que l'on a depuis longtemps surnommée le cauchemar du thésard en pleine épreuve de socialisation. Il est impossible d'y échapper quand, en soirée, vous annoncez que vous faites une thèse. Les premières fois vous riez, puis vous souriez, puis vous riez jaune. A la cent cinquantième, blasée, vous suppléez vous-même à la mémoire défaillante de votre interlocuteur : "Ah oui, ça me rappelle ce film-là, avec la nana en thèse et son sujet improbable, comment c'était déjà, tu vois ce que je veux dire ?".

Le plus agréable reste quand votre interlocuteur commente doctement, à l'énoncé de votre sujet "ah oui, c'est génial, il faut des gens comme vous". Vous lui répondez alors, avec un sourire sardonique, "tu crois vraiment ? Moi, j'ai des doutes". Il y a toujours 30 secondes, où, destabilisé, il vous regarde, étonné, balbutiant, cherchant de l'air et des arguments pour vous convaincre de votre propre légitimité...

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05 février 2008

A ne pas voir...

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A chaud...

(J. L. Gérôme, Pollice uerso "pouce vers le bas")

Je suis allée voir Astérix aux Jeux Olympiques. C'est nul.

Vous me direz que c'était prévisible. Eh bien non : faire un film aussi nul avec le budget à disposition et l'intrigue de base donnée par Goscinny (même si ce n'est pas l'épisode que je préfère), c'est à la limite du concevable. Pour en comprendre les raisons, il faut regarder le film en entier, même si au bout de 10 minutes, on a envie de s'enfuir tellement c'est mauvais. Je passe sur les contresens historiques : d'ailleurs, le film est un gigantesque contresens. La série Rome a pourtant démontré qu'il est possible de captiver les foules en étant fidèle à la réalité des faits et des personnages historiques. Disons que le film colle plus à la vision de l'Antiquité popularisée par Astérix qu'à la réalité. A la rigueur, ce serait un choix tout à fait défendable.

Sauf que même dans ce genre-là, c'est raté : le réalisateur prétend faire du second degré, une gigantesque parodie des films de genre, les péplums, les films d'Alain Delon, Cyrano de Bergerac, Astérix... sauf que c'est juste mauvais, que ces (mal)copiés-collés ne font que souligner l'absence totale d'inventivité du film, pitoyablement joué. On se demande ce qui a retenu les acteurs, et puis on se souvient que c'est juste l'argent.

Le principe, c'est la non-création : on prend une bonne brassée de films qui ont marché, d'acteurs bankables, de vieilles gloires (Alain Delon dans son propre rôle, par exemple : connaissant le personnage, on se doute rapidement que c'est moins de l'humour que de la mégalomanie) et puis, pour faire bonne mesure, on convie tous ceux qui ont atteint une certaine réussite dans leur domaine, même si cela n'a rien à voir avec le cinéma ; c'est toujours du spectacle : Michael Schumacher, Adriana Karembeu, Amélie Mauresmo, Zinedine Zidane, Dany Briand, Tony Parker etc. etc. etc. Ils jouent mal, bien entendu, mais peu importe : l'idée, c'est que selon le réflexe de Pavlov, le spectateur décérébré aura une secousse de plaisir rien qu'en les apercevant et sera persuadé d'avoir vu une grande oeuvre en sortant. Et les célébrités seront contentes parce qu'elles pourront ajouter à leur cagnotte personnelle une centaine de milliers d'euros pour 5 minutes de présence.

Heureusement qu'il y a Poelvorde : difficile de savoir s'il essaie de sauver le film ou s'il s'éclate juste dans cette débandade générale. Il est bon dans son délire, même s'il n'a strictement, mais alors strictement rien à voir avec le vrai Brutus (et là, je vous recommande Rome, à voir absolument).

Ca vous rappelle quelque chose ? Le gouvernement actuel : peu importent les compétences, l'essentiel, ce sont les noms : on nous balance un entraîneur comme secrétaire d'Etat au sport, une ancienne mannequin-chanteuse comme Première Dame, et on prend tous les anciens PS assez opportunistes dans divers ministères ou commissions. Panem et circenses, c'est la loi du film, c'est la loi de l'époque, c'était la loi de Louis XIV à Versailles, sauf que ce dernier avait l'intelligence de prendre des ministres compétents à côté des bibelots dont il ornait sa cour.

Ca a abouti à la Révolution ; vous me direz que d'un mauvais film à la Révolution, il y a loin. Oui, mais, pour parodier Woody Allen, quand je vois Astérix, ça me donne envie d'envahir l'Elysée.

Pourquoi n'aurais-je pas moi aussi le droit d'être nulle  en pastiche ? Au moins, ma nullité est gratuite.

Pour couronner le tout, le dernier Kusturica n'est pas bon non plus. Scénario qui part dans tous les sens, du déjà vu, du déjà entendu, je me suis ennuyée. Conclusion : il ne vous reste plus qu'à aller voir des films à petit budget et/ou glauques. Rassurez-vous, il y en a plein La visite de la fanfare, Into the Wild, Gone baby gone, et surtout Lust Caution. Pour se prouver que, même avec des gros budgets, on peut faire de bons films.

Et pour se prouver qu'à partir de l'Antiquité, des péplums et des séries contemporaines, on peut faire d'excellentes parodies, il faut aller voir ce petit film.

La prochaine fois, Kalliope en Kolère critiquera des livres.

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14 janvier 2008

Conte de fées moderne

(source : image reprise au blog italien Elsinore)

Suivant la mode lancée par notre président bien-aimé, pendant ces périodes de fête, je me suis offert le plaisir de revisionner un conte de fées, le premier film de la série Shrek. Bien m'en a pris, ce fut une révélation.

Reconnaissez-vous le personnage ci-dessus ? Non, vous l'avez sans doute oublié, il s'agit de Lord Farquad, le prince non charmant de Shrek 1. Je n'ai pas réussi à retrouver sur Internet l'extrait qui m'a illuminée, celui dans lequel Shrek et l'Ane arrivent devant son immense donjon. Cette impressionnante bâtisse inspire à l'ogre la judicieuse réflexion "A mon avis, il doit avoir quelque chose à compenser",

Je crois cependant que cet extrait, débusqué sur allociné, sera tout aussi évocateur.

Je comprends enfin pourquoi notre président aime à se promener dans des décors de carton pâte : il y a trouvé son modèle, le prince bien décidé à débarrasser son royaume parfait des incontrôlables, des enchantés, des différents et qui, pour asseoir plus confortablement sa légitimité, a l'idée machiavélique... d'épouser une princesse charmante.

Sauf que Lord Farquad finit bouffé par le gentil dragon et que la princesse se révèle assez intelligente pour écouter son coeur, lui préférer le monstre gentil, sans s'arrêter aux signes extérieurs de pouvoir et de richesse.

Malheureusement, Shrek n'est qu'un conte de fées...

PS qui n'a strictement rien à voir : j'ai trouvé sur le blog "Trentenaire, marié 2 enfants" ce test pour vérifier si vous avez encore les oreilles de vos 2 ans à défaut d'en avoir les illusions : il s'agit de voir si vous entendez encore des sons très aigus. Ca m'a bien filé mal à la tête, mais j'entends encore très distinctement les 2 premiers et à peine le 3ème. Je le devine, disons. Heureusement, parce que les élèves sont censés s'en servir en cours contre les profs. Je vois pas trop l'intérêt de se faire entendre des sons très aigus, mais quelque chose doit m'échapper. 

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08 janvier 2008

Je n'ai rien posté depuis 3 semaines

... et pourtant, j'ai plein d'idées...

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22 octobre 2007

Ce que je ne vous ai pas (encore) dit.

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Petit update de mes passionnantes aventures, vécues par paren-thèse.

Dans la série Les stars et moi.

> visiblement, Vincent Elbaz habite non loin de ma tanière (oui, c'est la comparaison idoine pour mon appartement en ce moment) car cela fait deux fois que je le rencontre avec poussette et bébé dans ma rue ou à l'arrêt de bus (scoop de folie !) : il se mêle aux vrais gens, lui.

> Renaud s'est adressé à moi par l'intermédiaire de son chien. Je rentrais tard d'une soirée baby-sitting chez une copine, quand je l'ai rencontré dans ma rue, prenant congé de ses invités. Il a ensuite sorti le chien, un beau labrador qui a trottiné à mes côtés. Renaud lui a dit "Allez Médor (il ne s'appelle pas comme ça, mais j'ai oublié son nom..., on dira que c'est un pseudo), dis bonjour à la dame". Forcément, je me suis sentie obligée de gratouiller la tête de Médor.

Dans la série Nicolas Demorand, France Inter et moi.

> Fin août, entre deux interrogations sur la poésie de l'exil, j'ai senti un pincement au coeur en écoutant les dernières émissions de Cha Cha Tchatche d'Olivia Gisbert. Je m'étais habituée à avoir des petits matins malicieux et instructifs, à écouter des sociologues venir nous parler, de manière intéressante, de notre rapport aux portables, aux livres en vacances, à la richesse etc. J'étais devenue fan de la dynamique et impertinente Maya Neskovic.

> Certes, cela me faisait plaisir de retrouver Nicolas mais je savais que les autres me manqueraient. Ca a commencé par une bonne nouvelle, Nicolas prolongeait le 7-9h30 jusqu'à 10h. Je me suis dis qu'ainsi j'échapperais au vide intersidéral de l'émission d'Isabelle Giordano : je ne me suis toujours pas remise de l'émission intitulée "Donnons-nous trop de petits pots à nos enfants ?" Malheureusement, j'ai découvert que, durant la dernière demi-heure, allait sévir Bécasse Schneck. Bon, il faut reconnaître qu'il y a des progrès par rapport à l'an dernier. Elle nous gratifie un peu moins souvent de son rire bête, mais elle continue à aligner les bourdes et quand on la reprend, elle corrige en hurlant et à toute vitesse "oui oui oui, je voulais dire le prime c'est vendredi" comme si elle voulait tenter de cacher qu'une fois de plus, elle s'est bien plantée.

Mon expérience de prof bourdisante (et non pas bourdieusante ni même bourdivinisante) m'engage à croire qu'il vaut mieux reconnaître ses erreurs sur un ton calme. D'ailleurs, en ce moment, ça m'arrive tout le temps alors je veux bien lui enseigner la méthode.

> Sinon, Nicolas et moi avons un nouveau point commun : il est fan de la librairie La Procure à Paris

«Très très belle librairie. Pour son gros rayon Dieu, ses nouveautés parfaitement choisies, et le combat qu'elle mène contre le règne de la fringue branchée.» (source : Paris Obs).

Si ce n'est pas un signe divin, ça...

[PS : dans la page du Paris Obs, tout en bas à gauche, il y a également un lien vers un article consacré à Helen Levitt, la photographe à laquelle j'ai repris l'image qui illustre ce post.]

Dans la série Kalliope (res-)sort de sa/ses coquille(s).

> Juste pour vous dire qu'après vous avoir parlé des Fatals Picards (mention spéciale humoir noir , merci Twincore pour cette découverte), d'Emily Loizeau, de Rose, je voudrais ajouter que le dernier Biolay, Trash yéyé, à dominante très éXroXtiXque (je fais ça pour éviter que des gens n'arrivent sur le blog en tapant l'adjectif et n'en repartent très déçus) est assez génial. Allez voir sur radio blog, il y a "dans la merco benz", en boucle sur FI cet été, mais je crois que ma préférée reste "Dans la chambre d'amis".

> Je suis allée voir hier soir Michael Clayton. Après environ 30 minutes, je me tournais vers ma voisine en lui demandant "c'est normal que je ne comprenne absolument rien ?" Au bout d'un moment, ça s'est éclairci. Je crois que l'effet de "désorientation" est voulu... Mais j'ai pris pour boussole le beau visage de Georges Clooney, sombre et désespéré à souhait.

Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis comme disait...  Mais qui donc a dit ça ?

Qu'importe le flacon...

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