Kalliope muse ailleurs

caprices, cabotinage, calembredaines et quelques cafouillages : les cahiers de Kalliope.

30 mai 2009

En juin, prends garde au rhume des foins...

DVD_La_Ferme195 Vous le croyez, vous, que j'ai osé travailler sur La Ferme des animaux pour essayer de convaincre mes élèves des vertus de l'éducation et de la maîtrise de la parole ?

Depuis quelques jours, Kalliope arbore des yeux rouges de lapin sous ecsta, ressort les kleenex et éternue toutes les trois phrases en se grattant le palais le reste du temps (oui, le palais démange, et c'est vachement compliqué à gratter, le palais). Le diagnostic est simple, nul besoin d'aller voir le médecin, c'est un simple rhume des foins. Du zirtec acheté en pharmacie et le problème est fini...
Sauf que, sauf que, l'allergie semble progresser et les allergènes se multiplier. Devant ses élèves, bêtes à manger du foin - j'en ai surpris deux la joue collée sur la table, soufflant sur leur feuille de devoir, ornée d'un 0 ou 0,5, pour la faire se déplacer, par exemple. Avec ma collègue de maths, nous avons parlé ce matin de la difficulté de faire cours, devant cette classe, sans jamais se retourner pour écrire au tableau ni baisser les yeux pour lire un texte... -, Kalliope, en taureau astrologique qui se respecte, a du foin aux cornes. En trouver quelques-uns qui sortent du lot, qui arrivent à ne pas céder à la tentation de s'amuser au milieu du cirque général, de ne pas se laisser emporter comme fétu de paille, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Il paraît qu'il existe un proverbe Année de foin, année de rien, à propos des années pluvieuses, qui voient le foin croître tandis que les autres cultures sèchent sur place : je peux vous assurer que mes 4èmes sont particulièrement incultes et incultivables, à part pour le foin, qui prend merveilleusement chez eux. Devant ces allergènes adolescents, foin d'anti-histaminiques, il faut changer de stratégie.
Stratégie 1, évacuation/élimination de l'allergène en direction de la salle de décontamination appelée communément "de permanence" où les allergènes susnommés font un foin de tous les diables autour des surveillants - ou hommes de paille - largement dépassés. Disons que cela diminue un petit peu la crise - d'allergie - dans le cours.
Stratégie 2, échange des allergènes auprès de ceux qui sont encore résistants - ou désensibilisés. Un léger coup à la porte de communication qui sépare ma salle de celle de la - terrible - prof de maths, et nous échangeons un sixième contre un troisième. Ca permet au 3ème de (re)voir ses bases et j'ai d'ores et déjà proposé au sixième, devenu la mascotte de mes 3èmes, de le présenter au brevet vu le nombre de cours qu'il a suivis chez moi.
Stratégie 3, mise au vert, exposition au grand air, non du prof, malheureusement, mais de l'allergène pendant quelques jours (trois au maximum), afin de réduire l'exposition et d'éviter la désintégration.
Stratégie 4, demander un arrêt de travail, officiellement pour rhume des foins, officieusement pour allergie aux élèves. Je n'en suis pas encore là - quoique ce week-end, après une matinée particulièrement cauchemardesque, et devant l'étendue aride du mois de juin, où le blé reste en herbe et les élèves en jachère, tandis que je creuse, sans résultat aucun, mon sillon de laboureur obstiné, mais solitaire, je m'interroge -, mais mon principal qui en a, au propre comme au figuré, "plein le dos" a démarré ses "vacances" un mois plus tôt...

 

 


Marc Aryan - bete a manger du foin
envoyé par hameau. - Regardez la dernière sélection musicale.

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25 mai 2009

Balzac et les petits élèves français...

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... ou comment plonger les professeurs desdits élèves dans le désespoir...

Brèves de brevet blanc.

Kalliope expliK

Soit un sujet de brevet blanc extrait du merveilleux roman de Dai Sijie. Le chapeau du texte est le suivant :
Pendant la Révolution culturelle chinoise (1966-1976), le narrateur, un jeune étudiant de 17 ans, est envoyé à la campagne dans un village pour être rééduqué par le travail. Toutes les distractions sont interdites. Un jour, il peut se procurer illégalement et secrètement un roman de Balzac traduit en chinois, Ursule Mirouët; mais maintenant, il faut rendre le livre.

Le texte relate ensuite que le héros, fasciné par le somnambulisme d'Ursule, qui lui permet de se rendre -en rêve- n'importe où, décide de recopier sur sa pauvre veste en peau de mouton, car les adolescents ne possèdent que quelques feuilles de papiers à lettres pour écrire à leurs parents, des extraits du roman, avec le désir de devenir lui-même somnambule pour échapper à la vie difficile qu'il mène à la campagne et retrouver dans ses songes sa vie d'autrefois, bien plus aisée.

Pendant une heure et demie, les élèves ont planché sur des questions à propos du texte, les aidant à comprendre que le narrateur mène une vie extrêmement difficile, dans la plus grande pauvreté, qui crée en lui un désir de s'évader par la lecture et le somnambulisme.

L'heure et demie suivante a été consacrée à une rédaction, dont le sujet était le suivant :
Luo, le camarade de chambre du jeune héros, arrivant par hasard, le voit recopier le texte de Balzac et l'interroge sur les raisons qu'il peut avoir de le faire. Racontez de manière détaillée.

Bilan, entre 1 page et 1 page et demie, comportant généralement au minimum 2 fautes par ligne.  Soit, c'est la norme de chaque rédaction, c'est couru d'avance. Mais, ce qui est plus désespérant, c'est
1. l'absence totale de répères historiques chez les mômes : la "révolution culturelle chinoise" qui figure normalement au programme d'histoire de 3ème, si je ne m'abuse, ressemble chez eux à une terra incognita. Je passe sur les "grands yeux verts" de certains Chinois (ok, je sais, ce n'est pas impossible, mais disons que ce n'est pas le cas le plus courant), les "Benoît", "Alexandre", "Nathan" et autres charmants prénoms typiquement chinois dont ils ont affublé le héros. Péchés véniels, je l'avoue, tout le monde n'a pas un prénom chinois à disposition. Plus grave, en revanche, me semblent les mentions de la "bibliothèque", de "l'internat très réputé", des "cours du lendemain" pour lesquels le héros serait censé recopier son texte sur une peau de mouton (sur une "feuille" pour les plus bouchés qui ne semblent décidément pas avoir lu le texte sur lequel ils ont travaillé pendant une heure et demie). Elles témoignent du fait qu'ils ignorent absolument les principes de la révolution culturelle. Dans le genre délire total, voici Luo invitant son camarade à délaisser sa tâche (évidemment pas dit comme ça) pour "jouer à la console, plutôt", ou qui, rendu méfiant par les révélations du héros, préfère "chercher sur internet"...
Mais, et c'est là qu'on touche le fond, le plus difficile pour eux ce fut de
2. trouver des raisons pour justifier qu'on recopie un livre. Alors là, c'est l'Everest Franchement, ils arrivent à trouver des arguments pour Luo, qui essaie de détourner le héros de son dessein, "il y a tellement de choses plus intéressantes à faire que de recopier un livre" (sic), - Kalliope n'a pas résisté à écrire dans la marge "comme travailler comme un damné la journée entière dans une rizière", même si elle sait qu'ils ne comprendront pas le mot "damné"-, ou encore "viens plutôt jouer avec nous dehors" - on s'amusait tellement pendant la révolution culturelle -, et autres billevesées. Mais alors, pour trouver des arguments au jeune héros, même après avoir lu le texte, dans lequel tout était à peu près écrit, ils restaient secs.  Non, cela leur restait par trop incompréhensible et incroyable a. qu'on puisse aimer un livre b. qu'on puisse avoir envie de le recopier. Généralement, la seule justification qu'ils trouvaient, c'était qu'un "prof" (sic) avait donné cela comme travail/punition/concours au narrateur. Certains ont été un peu plus audacieux : ce livre-là n'était pas écrit "dans une langue du 18ème siècle" (forcément, puisque c'est du Balzac...), racontait des "aventures", comportait des "illustrations un peu magiques", était comme un "jeu virtuel", était écrit "en italique sur fond bleu avec de petits étoiles", et ô nirvana du livre, on se retrouvait presque magiquement directement de la "première à la centième page".
Forcément, Kalliope, n'a pu retenir sa verve Kaustique dans les marges. A celui qui écrivait que recopier faisait "réfléchir et penser", elle a dit que ce serait peut-être une bonne idée d'y adonner les élèves, alors.... A ceux qui s'étonnaient, par la bouche de Luo, qu'on puisse trouver plaisir à lire un livre, elle a recommandé d'essayer, parce que, comme ils écrivent, "il y a une première fois à tout dans la vie". Au passage, elle a aussi été saisie par la violence des dialogues entre les "camarades de chambre", reflet des relations adolescentes entre amis, dans lesquelles il n'y avait que sécheresse "je t'en pose des questions, à toi ?", mauvaise humeur "occupe-toi de tes affaires", et menaces "je vais aller te dénoncer".
Pfff, parfois, Kalliope se demande vraiment si ce qu'elle enseigne - la littérature française & le bonheur de la lecture - a encore une pertinence parmi les élèves de cette génération... Et elle préfère ne pas penser à l'intérêt d'enseigner encore le latin, parce que lorsqu'on se penche trop sur les gouffres, on a le vertige... Quoique il ait bien fallu, samedi matin, aller "vendre" l'option latin chez les petits sixièmes.

J'ai beau être professeur, incarner le savoir devant mes élèves, à ces questions-là, je n'ai pas de réponse. Juste du chagrin, en voyant que ce qui peut me procurer tant de bonheur, m'enrichir d'expériences humaines, m'illuminer, me consoler de mes chagrins, m'émerveiller, m'instruire, répondre à mes questions, me distraire & même, quoique rarement, m'ennuyer aussi, leur semble aujourd'hui à eux toujours ennuyeux & étranger, un pensum scolaire dont ils espèrent que l'âge adulte les débarrassera.

Je me console en pensant au Laboureur et ses enfants, fable apprise au cours élémentaire :

Travaillez, prenez de la peine:
C'est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
"Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
Que nous ont laissé nos parents:
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l'endroit; mais peu de courage
Vous le fera trouver: vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'oût:
Creusez, fouillez, bêchez; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse. "
Le père mort, les fils vous retournent le champ,
Deçà, delà, partout: si bien qu'au bout de l'an
Il en rapporta davantage.
D'argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer, avant sa mort,
Que le travail est un trésor.

Labourons, semons des centaines de champs : un trésor peut y être caché, il y en aura peut-être quelques-uns qui produiront des récoltes, elles ne seront pas toutes immenses, mais qui peut dire combien de graines donneront des fleurs ?
Après tout, j'ai toujours chéri Julien Sorel - même quand le "grand" hypocrite, celui-dont-on-ne-doit-prononcer-le-nom, tente de s'en emparer, pour faire oublier sa bévue sur La Princesse... :

Ma foi ! dit Julien, qui veut la fin veut les moyens ; si, au lieu d'être un atome, j'avais quelque pouvoir, je ferais pendre trois hommes pour sauver la vie à quatre.

Moi, qui suis un peu moins excessive, j'essaie d'en faire lire 22 pour en convertir un ou deux...

scene_d_ecole_avec_un_precepteur_deux_eleves_lisant_et_un_troisieme_s_excusant_de_son_retard___Treves

    

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21 mai 2009

Hommage et humeur

En ce moment, je me sens de cette humeur-là...

J'adore le franc-parler de cette fille & son humour... acide !

Et je pense que la démonstratrice de chez Monop, qui voulait me faire tester des petits pots, se souviendra de moi...

Posté par Kalliope à 14:30 - Kalliope cite - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mai 2009

rocher de Sisyphe

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L'année scolaire commence par deux mois d'enfer, jusqu'aux vacances de Toussaint :
vous n'êtes pas habitués au bruit et à l'agitation, il fait encore chaud
les élèves sont encore en vacances
pour asseoir votre autorité, vous ne leur passez rien,
vous avez envie de distribuer les claques...

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L'année scolaire finit par deux mois d'enfer, jusqu'aux vacances d'été :
vous êtes épuisés par le bruit et l'agitation, il recommence à faire chaud
les élèves sont déjà en vacances
vous leur passez tout, même s'ils ont oublié jusqu'à la définition du mot "autorité"
vous en avez votre claque...

Et entre les deux ? 3 périodes de 5 à 7 semaines : c'est pas le paradis, mais on peut avoir de bons moments, parfois, au purgatoire...

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Gravure de M. C. Escher

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01 mai 2009

Le dindonneau de Proust

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L'un des grands plaisirs que l'on trouve à retourner au collège, c'est de pouvoir y éprouver les effets de la doctrine proustienne de la réminiscence affective.
Formulation pompeuse, formulation de prof de français pour évoquer ce qu'on appelle généralement plus simplement l'effet madeleine de Proust.
Je ne parlerai pas ici des jours de neige à Paris cet hiver durant lesquels l'excitation des ados était inversement proportionnelle à l'épaisseur de la couche de neige au sol dans la cour. Les jeux dans  cette misérable couche crasseuse parisienne ne me rappelaient que de loin en loin le déchaînement dans les écoles haut-savoyardes, les batailles de boules de neige, les bonhommes, les foots où les congères nous faisaient opportunément confondre ballon et tibia du joueur adverse et, surtout, les petits matins où j'essayais par tous les moyens d'échapper à la volonté parentale de me faire porter d'horribles et ridicules bottes de neige. Forcément, elles déparaient totalement le style que j'avais l'espoir d'acquérir un jour, espoir qui reculait d'autant plus que j'avançais en bottes. (De surcroît, que mes parents semblaient être les seuls à avoir le souci de conserver en l'état mes chaussures de tous les jours, les parents des autres ne semblaient nullement s'en préoccuper et laissaient leur progéniture porter ce qui lui plaisait).
Je ne parlerai pas non plus de ces rituels étranges, exotiques, voire barbares, que je découvre dans mon collège parisien comme le hurlement de fin des cours le samedi avant les vacances, le port du bonnet de Père Noël lors de l'après-midi qui suit le repas de Noël, les mystérieux concombres râpés (oui, oui, comme les carottes, c'est vert, c'est spongieux, j'ai mis du temps à identifier le légume à qui l'on avait réservé ce traitement avant de me rappeler la tradition du concombre masqué), les-saucisses-par-3 -pour-les-profs-et-par-2-pour-les-élèves (parce qu'il est certain qu'on a plus besoin de manger, dans notre grand âge, que des ados en pleine croissance), le friand tomate-saucisse (ah tiens, surprise, encore une saucisse dans le friand) ou les frites congélées cuites au four puis refroidies pour être apportées dans mon collège en liaison froide et ensuite réchauffées (incontestablement les pires que j'ai jamais avalées, réusissant le tour de force d'être à la fois sèches et spongieuses).
Non, je veux vous parler plutôt de ce qui m'a permis de revivre mon adolescence, de ce qui m'a donné l'occasion de faire l'expérience de la permanence, inamovible, intangible, quasi-inaltérable, tandis que, doucement et presque sans m'en apercevoir, je passais de 14 à 30 ans : les friands au fromage, les oeufs mayo sur tomates en tranches régulières couvertes d'une vinaigrette épaisse et acide, les viandes et poissons baignant dans une sauce qui vous pèse sur l'estomac les cinq heures suivantes sans vous donner pourtant l'impression d'être rassasiée et, surtout, surtout, le dindonneau...
Le dindonneau, donc, c'est la viande que vous ne connaissez vraisemblablement pas si vous n'avez jamais mangé en cantine et que vous vous êtes empressés d'oublier si jamais vous y avez goûté. En théorie, le dindonneau, ce devrait être le petit de la dinde, et comme le veau, ou l'agneau, ça paraît alléchant. Sauf que la réalité est toute autre, en tout cas en cantine : sous vos yeux, une tranche de viande non pas blanche, mais grise, qui s'écrase et s'émiette sous la moindre pression de la fourchette, aussi spongieuse qu'une madeleine proustienne plongée dans du thé, mais bien moins savoureuse. Enfin, pourvue quand même d'assez de goût pour que cela me soulève le coeur. Je ne peux m'empêcher, en contemplant le massacre dans mon assiette, de penser que l'on a agrégé des tas de rebuts de viande divers, peut-être de vieille dinde, ce n'est pas impossible, oubliée dans sa batterie, pour m'offrir quelque chose de présentable qui finalement ne le sera même pas jusqu'à ce que je le porte à ma bouche.
J'ai donc retrouvé mes vieilles habitudes de collégo-lycéenne : je m'approche avec méfiance du comptoir, demande presque les papiers d'identité de la viande et, très souvent, fait l'impasse au profit des inénarrables frites ou de l'incontournable purée (heureusement, je n'ai encore jamais été confrontée aux salsifis, qui me plongeraient dans un cruel dilemme). Je compense en mangeant du pain - généralement rassis, comme lors de mon adolescence - et, surtout, en dévorant millefeuilles, tartes au chocolat et palmiers à la sortie des cours.
Une seule chose a évolué : je stocke les millefeuilles dans les cuisses (je peux presque les compter) bien plus durablement qu'à 15 ans !

Edit : un autre changement depuis mes 15 ans, mes élèves me trouvent "trop stylée" quand je descends les chercher dans la cour sans bottes de neige et avec mes lunettes de soleil. Dois-je me fier cependant à l'opinion d'ados eux-mêmes en quête de style ?

Posté par Kalliope à 11:45 - Kalliope est un K - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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